vendredi 28 septembre 2012

LE PARDON DE N-D DES MARAIS à FOUGERES


 RENCONTRE DE LA PIETE ET DE L'HISTOIRE

    EGLISE   SAINT-SULPICE, FOUGERES








 Notre-Dame des Marais  dans sa parure royale à l'occasion
du pardon 2006.  (cliché Sr Hélène R.)
.





 LA DECOUVERTE DE LA STATUE

 


La statue de Notre-Dame des Marais est vénérée à Fougères depuis le XIVe.L’origine de ce culte est auréolée de légendes : ensevelie sous les décombres de la chapelle Sainte-Marie du château au cours de la prise de Fougères par Henri II Plantagenêt en 1166, elle aurait été retrouvée au début du XIVe près des fossés marécageux du château, lors de travaux d’agrandissement de l’église primitive.



 

 Vitrail de l'Invention de la statue de Notre-Dame au pied du château
(Payan et Guyonnet, 1901).


 Un vitrail de Payan et Guyonnet daté de 1901 a ancré dans le verre la découverte providentielle : sous le regard ébloui des princes de la maison de Fougères, du clergé régulier et séculier et des  terrassiers,  les trois ordres de la société médiévale,la statue apparaît dans une blancheur surprenante, intacte... 






 Statue de Notre-Dame des Marais,
pierre de Caen polychrome.




Notre-Dame des Marais dont l’histoire a été longuement contée par le vicomte Le Bouteiller est une Vierge allaitante de la fin du XIVe. Cette image attendrissante de Marie nourricière est l’objet d’une grande vénération au Moyen Age. Elle exalte le rôle maternel et protecteur de Marie en même temps qu’elle met en valeur l’intimité charnelle entre l’humain et le divin. Les visages ont été refaits au XVIIIesiècle sans doute par le sculpteur fougerais Antoine Viollard, auteur talentueux des statues du chœur. Pourtant cette réfection partielle n’est pas des plus habile : l’expression manque un peu de naturel et l’enfant Jésus semble excessivement joufflu et mal proportionné, ces petits défauts n’ont jamais altéré la piété populaire, loin s’en faut…





DES  SIECLES DE DEVOTION



 La statue est très  vite vénérée, d'abord à l'extérieur de l'église dans un petit oratoire puis dans la chapelle Notre-Dame édifiée par la confrérie de la Mi-Août consacrée au début du XVè et desservie par sept chapelains, puis à nouveau à l'extérieur, pour une dévotion plus libre... Pendant plusieurs siècles, les pélerins affluent de loin, d'autant plus nombreux qu'on prête à la Vierge des pouvoirs miraculeux  de guérison.
 Selon le vicomte Le Bouteiller, même au cours de la période révolutionnaire, la dévotion ne faiblit pas malgré les interdictions officielles ; l’oratoire est fermé au culte, la statue est achetée par un paroissien et elle continue à être honorée chez lui. Au début du XIXe, elle regagne son  oratoire.
 
 
 

 
 
 




 
 
 

La chapelle néogothique  Notre-Dame des Marais
 (Archives municipales, Fougères) 
 
 
 
 
  Au cours des années 1869-1872, l'architecte  Tourneux  le  remplace  par une grande chapelle néo-gothique, édifiée en pierre de Caen. Jugée  inesthétique car elle formait un appendice peu harmonieux dont la couleur blanche rompait l'unité du granit sur le collatéral nord, elle est détruite  en 1960 par la volonté des Monuments Historiques.
 
 C'est alors qu'elle est placée devant le grand retable gothique  de la chapelle Notre-Dame où les Fougerais la prient aujourd'hui.








 

 
  LE COURONNEMENT


 Collection Archives  municipales, Fougères.

 
  
 Le Couronnement  de Notre-Dame des Marais a été célébré en grande pompe le 8 septembre 1923 dans l’enceinte du château  devant une assemblée considérable : le Journal de Fougères avance le chiffre de 20000 personnnes.Il est entré dans l’histoire de  la cité. 
 La faveur du  couronnement  avait été  sollicitée près du Pape par le chanoine Mathurin, curé de Saint-Sulpice, en 1922.  Le jour choisi est  celui  de la fête mariale de la Nativité. La  célébration comporte un premier  cortège de l'église au château, une  grand'messe pontificale,  le panégyrique de  Notre-Dame, le couronnement  solennel avec les couronnes  d'or offertes par les Fougerais - la tradition raconte qu'elles ont été fondues avec les bijoux des paroissiennes et donatrices; après les vêpres , la  procession  se dirige vers  les églises N-D de Bonabry et Saint-Léonard à travers les rues pavoisées , au milieu d'une foule inimaginable :"50000  étrangers, pour le moins, étaient venus" affirme le même journal sans doute peu sourcilleux sur l'exactitude... Il est vrai qu'on avait prévu des trains spéciaux partis de Vitré, Saint-Malo,Coutances,  Vire et Mortain. Et tous fredonnent le cantique populaire composé pour la circonstance, dans lequel  se croisent  assez curieusement la piété et l'histoire teintée de légende...



 
 Cantique  du Couronnement, dans sa première version, ici incomplète.
       Enfin la fête se termine  au château par un retentissant Te Deum et la  vieille cité  s'illumine...



 Procession du Couronnement, Archives municipales.

 
 
        LE PARDON DE NOTRE-DAME DES MARAIS

       Pour perpétuer cet hommage et donner plus de solennité à la dévotion  mariale, le curé de Saint-Sulpice institue en 1924 la célébration du Pardon. Cette tradition est toujours respectée. Le dernier dimanche de septembre, la statue est revêtue de son manteau de sacre fleurdelisé et doublé d'hermine  dont les mouchetures rappellent, pour les Fougerais du moins, l'appartenance bretonne si présente sur le retable du duc de Bretagne de l'actuelle chapelle Notre-Dame des Marais.


 Parure du Couronnement  et du Pardon.
      La paroisse  renoue avec un rite pluriséculaire : l'habillement de la statue, attesté dès le XVe dans les archives de Saint-Sulpice. Marque de vénération ou rite d'appropriation du sacré, cette coutume très anthropomorphique et fusionnelle  de la parure remonte aux pratiques  cultuelles antiques.

        La Vierge et l'Enfant sont coiffés de leurs couronnes  précieuses, autrefois dessinées par  l'historien Henri Le Bouteiller ou du moins de leur réplique. Même si la foule est moins dense,la procession se déroule toujours dans le quartier,comme pour se réapproprier chaque année l'espace spirituel.Les couplets du cantique marial ont été modérés mais la mélodie douce  est toujours chantée avec la même ferveur.
  
 
 
     En dépit des vents contraires, le culte de Notre-Dame des Marais empreint de merveilleux, de tradition et de foi sincère est resté profondément ancré dans la mémoire collective fougeraise et il est solidement entretenu par les paroissiens de Saint-Sulpice.       
 
       Jean-Paul Gallais.





 Passage du discours , bien inscrit dans l'Histoire de Fougères, prononcé
par le chanoine Mathurin lors du banquet du Couronnement, rapporté par
Le Nouvelliste de Bretagne, relayé par le Journal de Fougères, 15 -09-1923.
                               Archives municipales.
 
   Source:Le Journal de Fougères, 15 septembre1923. Archives municipales, Fougères.
  Clichés: droits réservés.

vendredi 21 septembre 2012

HEROINES DE LA RESISTANCE FOUGERAISE:Odile Gautry, Thérèse Pierre, Mme Bouffort.







 Petit immeuble réquisitionné par  la Feldkommandantur, rue de  Nantes, face à la Caisse
d' Epargne: c'était alors la conciergerie du "château Madiot ".
  Archives municipales,Fougères.



 

      On ne dira jamais assez le rôle joué par les femmes résistantes, dans le pays de Fougères. Femmes de l’ombre, elles mènent un combat acharné contre l’occupant allemand, avec intelligence, ruse et force.

       N’ayant peur de rien, elles multiplient les actions : récupération d’armes, fabrication de faux papiers, distribution de cartes d’alimentation, diffusion de tracts...




                        Odile Gautry,  enseignante

 

                       engagée dans la Résistance




 
 Madame Gautry . (Archives municipales,Fougères).
 

 
 
      Est-il une plus belle reconnaissance que d’attacher le nom d’une résistante  à  une école ?

 
    C’est la chance de l’école primaire publique de la place Lariboisière à Fougères. On peut espérer que les enfants et leurs parents s’interrogent sur ce nom qui, à l’exemple de Thérèse Pierre et de Félix Bodenan et de tant d'autres, a écrit une belle page de la Résistance fougeraise au moment des heures sombres de la ville.

 

    Qui est Madame Gautry ?

       Originaire de Cercottes, près d’Orléans, elle perd très jeune ses parents et ses grands parents la prennent en charge et lui font faire d’excellentes études. Tout en occupant très tôt un poste d’institutrice maternelle, elle continue ses études jusqu’aux licences de lettres et de sciences.

       Arrivée à Fougères dans les années 1900, elle va diriger l’EPS (Ecole Primaire Supérieure préparant au brevet élémentaire et au brevet supérieur) de 1919 à 1940. Elle séduit son auditoire par les cours de français, elle laisse le souvenir d’une femme très cultivée, d’une grande intelligence, qui, déjà, à son époque, faisait venir des intervenants de l’extérieur, des conférenciers scientifiques. C’est aussi une femme très moderne, par son habillement et ses habitudes de vie.

 

      Que devient l’EPS en 1940 ?

         Ce bâtiment public est réquisitionné par les Allemands en 1940 et l’école est obligée de se replier rue Louis Bourdon. Odile Gautry prend alors sa retraite et, surtout, elle rencontre, fin 1942, Thérèse Pierre, responsable du réseau de résistance « Front National » et s’engage avec elle dans les combats clandestins.

 

        Ses activités à Fougères

 
     Odile Gautry ouvre un magasin rue Nationale « Au joli marmot ». Avec une telle enseigne, on ne pouvait faire mieux dans le genre de la dissimulation : ainsi contacts et rendez-vous entre les membres du réseau sont décidés dans la plus grande discrétion. L’ironie de l’histoire est que le magasin sera plus tard transféré tout près du siège local de la L.V.F. (souvent les légionnaires se retrouvaient incorporés dans la Waffen SS), à l’angle de la rue Nationale et de la rue Rallier.

 
    Autre lieu stratégique : la petite fermette qu’elle  a louée afin d’y entreposer un poste émetteur et du matériel de propagande. Ainsi les lieux d’action d’Odile Gautry sont situés au cœur de la ville.

 

     Son arrestation et son emprisonnement

 
       Odile Gautry est arrêtée, une nuit d’octobre 1943, dans cette petite ferme au nom innocent d’Hirondelle, sur dénonciation d’un salaud. Elle est ensuite emprisonnée à Rennes, à Nantes et à Langeais. Transférée à la prison de Belfort, elle échappe au camp de concentration en Allemagne, car la débâcle allemande s’effectue et il n’y a plus de convoi.

 

       Son corps sera quand même marqué de brûlures et de cicatrices dues aux coups de nerfs de bœuf, autant de marques visibles d’une cruauté et d’une sauvagerie qu’on n’allait pas finir de découvrir. Odile Gautry sera libérée fin 1944 et recevra la médaille de la Résistance Française le 31 mars 1947. Comme d’autres, Madame Gautry s’était attribué le nom d’Odile pour pouvoir résister dans l’ombre, son acte d’état civil de 1879 mentionnant les prénoms de Marie-Thérèse. Madame Gautry est décédée en janvier 1948 à l’âge de 69 ans. 

 
                                                           Daniel Heudré











 






   Une résistante de la première heure:

                  Madame Bouffort



 



  
       Un chemin singulier



     Le chemin de Madame Bouffort dans la Résistance est singulier. Née en Belgique en 1886 et naturalisée française, elle vit dans le Nord jusqu’en 1927. La première guerre mondiale révèle un tempérament hors du commun. Alors que les troupes allemandes réquisitionnent une partie de sa maison pour y loger des soldats, ses parents et elle-même cachent un soldat et un officier français évadés ainsi qu’un déserteur allemand d’origine alsacienne. Première résistance pleine de risques. On ne pouvait pas jouer davantage avec le feu .



       En 1927, elle arrive à Fougères et devient « visiteuse d’hygiène », en d’autres termes assistante sociale.  Lorsque la seconde guerre arrive, elle se voit attribuer un bureau à la mairie, sous l’autorité du maire, M.Hamard-Pacory. C’est alors qu’elle commence ses activités de résistante. Ainsi elle subtilise les imprimés nécessaires aux résistants, avec le silence complice des employés municipaux. Avec son mari qui l’accompagne dans ses actions, M. Bouffort, elle glisse des « mots » signés de leurs noms déguisés dans les boîtes à lettres des familles inquiétées ou en danger.

        Il lui arrive aussi de dérober des revolvers allemands qu’elle confie à Guy Bellis pour les FTP (Francs Tireurs Partisans). Elle garde toujours sur elle-même un pistolet qui appartenait à son père. Promesse de fidélité à son père qui l’initia à la résistance, mais aussi  preuve d’une audace sans nom.

     Femme de l’ombre, certes, mais qui joue un rôle de premier rang.

       Enfin, Madame Bouffort se préoccupe de la formation des jeunes résistants, « tout feu, tout flammes » : elle leur confie des pétards fabriqués et destinés à être déposés par les jeunes eux-mêmes chez les collaborateurs. Son rôle est de récupérer les pétards confectionnés et de dresser une liste à la dernière minute, pour avoir une maitrise complète de la situation et éviter l’arrestation des jeunes.



     En relation avec les FTP



       Madame Bouffort noue des contacts avec les membres des FTP. L’un d’eux s’appelle Loulou Petri et sera le libérateur de la prison de Vitré en juin 1944. Après les parachutages, sont récupérées des armes avec les notices d’utilisation rédigées en américain et dans un langage technique. Madame Bouffort s’applique à les traduire, son mari lui apprend le maniement des armes qu’elle-même transmettra aux FTP.


                                                                  Daniel Heudré









 

 LE DESTIN TRAGIQUE  de   THERESE PIERRE

Chef de réseau



Cl. Archives municipales, Fougères.






      Dans le panthéon  imaginaire de beaucoup de Fougerais, une personnalité se singularise par sa force intérieure, son audace, ses choix de vie: Thérèse Pierre, digne de figurer parmi les héroïnes des romans de Malraux.

       Lors de l'inauguration de la plaque commémorative rappelant le sacrifice de Thérèse Pierre au collège qui porte son nom, le 27 octobre 1979, Madame Germaine Guénée, elle-même résistante et proche de Thérèse Pierre, lui a rendu ce bel hommage dans une allocution dont nous citons  les principaux passages:


       IL y a  aujourd'hui exactement 36 ans que Thérèse Pierre mourait après  avoir subi des tortures effroyables dans la prison  Jacques Cartier de Rennes et le hasard veut que nous inaugurions cette plaque commémorative aujourd'hui 27 octobre  1979, 36 ans après le 27 octobre 1943.

       C'est à la rentrée 42 que Thérèse Pierre fut nommée professeur de sciences à l'E.P.S. (Ecole Primaire Supérieure de jeunes filles qui préparait au brevet élémentaire et au brevet supérieur). L'E.P.S était ce bâtiment en briques rouges qui abrite maintenant les services municipaux, place Lariboisière.




Ancienne E.P.S.  aujourd'hui école Odile Gautry.( Archives municipales, Fougères).





       De la Marne, où elle avait été d'abord institutrice puis professeur, on l'avait envoyée en Bretagne, à Vitré, à Carhaix puis à Fougères. Pourquoi l'éloigner de sa Champagne natale et l'envoyer de poste en poste? C'est que nous vivions  la période noire de l'Occupation. Le gouvernement de Vichy avait noté en rouge dans son dossier le fait qu'elle avait mené une lutte active pour les réfugiés espagnols pendant la guerre d'Espagne et le fait qu'elle avait été communiste.




       Elle était née  en  1910 à Epernay,  ses parents  étaient enseignants tous les deux. Elle ne m'a jamais parlé de son enfance ni de son adolescence, elle  n'en prenait pas le temps mais je crois qu'elle fut très choyée et heureuse! L'album  de photos que sa soeur, Madame Pierfort, me montrait en juin dernier en témoigne... Ces très jolies photos sépia ont fixé le bonheur, l'aisance de cette famille, la joie de vivre de  l'adolescente Thérèse et de sa soeur.




 Cl. Archives municipales, Fougères.




     Malgré tout, avoir 20 ans pendant la grande crise économique des années 30, c'est côtoyer la misère, les luttes syndicales et politiques. Très intelligente  mais aussi très sensible, elle se trouve privilégiée et cherche intensément comment elle peut aider les déshérités. Faire la charité ne lui suffit pas ! Après avoir beaucoup lu, beaucoup cherché, elle s'engage dans le parti  communiste...

       La montée du fascisme avant 39 nous précipite dans une période des plus sombre : la guerre, l'occupation !  Sa rencontre à Carhaix en 1941 d'un chef très important de la Résistance, Jean Guyomard, allait décider de son destin tragique... A Fougères, dès son arrivée, Jean Guyomard lui fait prendre contact  avec un noyau de résistants dont Monsieur Lemarié. Presque spontanément, elle est admise comme responsable du Front National pour toute la région de Fougères, réseau  dont l'action allait prendre, sous son impulsion, une ampleur considérable.

      Elle était d'une prudence et en même temps d'une audace qui lui faisait réussir tout ce qu'elle entreprenait. Il est absolument remarquable qu'aucun résistant, sous ses ordres, n'ait été pris au cours d'actions menées  par elle ou avec elle... Elle passait d'une franche cordialité à de brèves et fulgurates colères quand la sécurité des Résistants était en péril à cause de négligences ou  bavardages ou imprudences. Elle subjuguait tout le monde depuis les F.T.P. de 17 ans qui auraient  pu être ses fils  jusqu'aux vieux militants qui auraient pu être ses parents. Elle suscitait l'adhésion de  tous en quelques mots et avec un sourire paisible qui inspirait confiance : " Pourquoi ce découragement ? Dites-vous que vous n'êtes pas seul, que nous sommes des milliers à lutter et que nous vaincrons le nazisme ! "
       Elle fréquentait beaucoup les humbles qui se sentaient à l'aise avec elle. D'ailleurs, elle menait une vie sans rapport avec ses moyens de professeur : elle habitait une petite chambre mansardée, rue des Prés. Elle n'y avait que le strict nécessaire : lit, table, placards, butagaz... Je n'invente rien, c'était ainsi , je l'ai vu. Elle se nourrissait de manière plus que frugale. A un résistant qui lui disait : " Pourquoi ne vous mariez-vous pas ?" elle répondit: " Après je prendrai ma petite part de bonheur "...
       On hésite devant tant de jeunes à évoquer les heures tragiques qui nous l'ont enlevée!
       C'était par un bel automne, il y avait du soleil plein le ciel mais dans nos coeurs beaucoup d'angoisse ! Après l'arrestation, à la mi-octobre, de Mme Gautry, ex-directrice de l'EPS, Thérèse était très inquiète, elle ne  dormait plus rue des Prés, elle disait : "Ils ont le bout du fil ! brûlez tout, jetez tout... Pourquoi revint-elle un soir, rue des Prés ?  Nul n'a jamais parlé de son arrestation, l'heure, l'endroit restent imprécis. Un matin d'octobre, elle n'est pas allée faire ses cours et pour cause : la milice l'avait arrêtée et transférée à Rennes dans des annexes de la prison Jacques Cartier et c'est là qu'elle a subi, deux jours durant, des tortures effroyables puisque les bourreaux de la SPAC se relayaient pour la faire parler. La vie de dizaines et de dizaines de Résistants  dépendait de son courage surhumain. Est-elle morte sous la torture ou des suites des tortures qu'elle a subies ou s'est-elle pendue pour être sûre de ne pas parler ? Ses dernières paroles, relatées par une autre internée, Mme Lequeu, qui les recueillit par l'intermédiaire des tuyaux de chauffage central furent : " Ils m'ont brisée mais je n'ai pas parlé ! " Elle n'avait pas parlé, tout le réseau était sauvé !   J'appris la nouvelle affreuse par un collègue-ami ; je me souviens encore de ce jeudi très ensoleillé d'otobre. J'étais dans la rue du Gué-Landry, la nouvelle me terrassa littéralement. Quand je revins à la maison, bien que mes parents fussent avec des personnes étrangères à notre action dans la Résistance,  je ne pus m'empêcher de dire: " Ils ont assassiné Thérèse Pierre !". Ma mère se mit à pleurer beaucoup et j'entends encore quelqu'un lui dire: "Mais ce n'est pas une personne de votre famille!... Elle était plus que notre famille, elle était morte pour que nous vivions tous. Ce que j'ai éprouvé, ce que mes parents ont éprouvé, tous les Résistants, tous ses amis l'ont éprouvé ! C'était une perte irréparable comme l'est la mort accidentelle de quelqu'un des nôtres. Une perte pour la Libération. Pour l'après-Libération.


     Thérèse Pierre n'est pas un héros national comme Brossolette, Jean Moulin, sa modestie n'aurait pas aimé ce piédestal et c'est mieux que seule la petite ville de Fougères qu'elle aimait, ait un établissement et une rue  portant son nom. Si son abnégation tranquille n'avait pas été jusqu'au sacrifice de sa vie, à 33 ans, elle n'aurait rien demandé après, ni récompenses, ni honneurs.Exprimons-lui pourtant notre grande estime notre grande reconnaissance et notre vénération.





      Que cette plaque soit, pour les générations d'élèves, le symbole d'une foi  inébranlable dans la valeur  humaine.
                                                                     Germaine Dulong-Guénée.
                                Allocution du 27 octobre 1979, Archives municipales de Fougères.




 Prolongements:

   Dans son roman "Elles vivaient d'espoir"  (Grasset, 2010) Claudie Hunzinger évoque  en quelques pages fortes l'action de Thérèse Pierre à Fougères  comme chef du réseau  des Résistants Front National, à partir de sa rencontre et de sa correspondance avec Germaine Guénée.

  Mise en page et publication: J.P.Gallais.

mercredi 12 septembre 2012

UN SAVANT FOUGERAIS A SHANGAI: Pierre HEUDE


    LE PERE HEUDE,  SAVANT NATURALISTE .



Pierre Heude (1836-1902) Coll privée.







        Une petite rue tranquille du quartier de Bonabry porte son nom:rue du Père Heude. Ce personnage aujourd'hui inconnu a pourtant largement contribué
au développement des sciences de la nature en Extrême-Orient.
       Pierre-Marie Heude est né le 25 juin 1836 dans une modeste famille de tisserands de la rue des Fontaines à Fougères. Très tôt, il s'intéresse à la botanique et en étudie les secrets.
      En 1856, Pierre-Marie Heude entre dans la Compagnie de Jésus à Issenheim et est ordonné prêtre en 1867. Ses supérieurs l'envoient en Chine ; il y continue ses recherches botaniques et se tourne aussi vers la zoologie.
 
 
Médiathèque, Fougères-Communauté.
       Il est en poste à la mission  de Zikawei (Xujahui),à proximité de Shangaï,ouverte depuis 1841.C'est alors un centre d'études important:  son observatoire astronomique (1873) devient vite célèbre dans le monde entier.Les Jésuites y ont leur résidence:église, bibliothèque - l'une des plus riches de Chine avec 250 000 volumes -imprimerie, collèges, séminaires,  orphelinats, y sont implantés.

 
          Aussitôt, le Père Heude entreprend un premier voyage d'exploration puis un autre de février à octobre 1868. Il examine le terrain, dépose les matériaux et repart vers le nord. Le deuxième voyage dure un an ; seize autres suivent, de plus en plus longs et lointains, qui le conduisent au Tibet, aux îles de la Sonde, au Japon...


 
          Les résultats de ses premières  recherches  sont consignés dans son ouvrage "Conchyliologie fluviale de la province de Nankin" où il fait connaître de nouvelles espèces,les décritet les compare.Puis il  écrit un ouvrage sur les mollusques. Entretemps, avec d'autres missionnaires, il fonde un muséum d'histoire naturelle et revient en Europe pour établir des liens avec les grands Muséums de Paris et Londres.





                       Conchyliologie fluviatile.Kiang-nan.Cycladidées.Pl II.
 
 Médiathèque, Fougères-Communauté.
 
 
 Il est possible de feuilleter cet ouvrage en  cliquant sur ce lien BNF:
 
 
                                      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5713336j/

 Conchyliologie fluviatile de la province de Nanking et de la Chine centrale. Fascicule 6 / par le R. P. Heude,...
 
 
 
 
        En  juillet 1900, il tombe malade alors qu'il se trouve au Tonkin. Il doit se retirer à Zikawei où, bien que malade, il continue son travail. Epuisé, il s'éteint  le 3 janvier 1902.
         Longtemps après son décès, son oeuvre est officiellement reconnue par la création en 1930 du " Musée Heude ",inauguré en 1933, immense building composé de deux ailes : l'une abritait le musée ouvert aux touristes, l'autre comportait plusieurs laboratoires réservés aux chercheurs.
       Si aujourd'hui ce musée a subi des transformations et s'il a perdu  son nom, il n'en  conserve pas moins les collections du Père Heude et témoigne de son rayonnement.
 
                                                                                                      Georges Bougeard
 



 Pour  en savoir plus:
- Gazette de Changhai - 22 : Les collections Heude 
       31 décembre 2008 . L'article de Charles Lagrange,lisible sur le web ,retraçe l'action des chercheurs jésuites.               Voici  l'entrée  en matière:
 

  
  Depuis le XVIIème siècle, les Jésuites ont contribué par leurs travaux au progrès des sciences, notamment des sciences naturelles. Dès leur implantation au Kiang-nan, ils renouèrent avec cette tradition et grâce à de grands noms comme les pères Heude et Courtois, ils amassèrent au fil des années une collection de renommée mondiale sur la faune et la flore de Chine. Dès les années 1930, cette collection fut hébergée dans un superbe immeuble Art Déco que l’on peut encore admirer aujourd’hui.
                                                      ...        

-Les aventuriers de Dieu et de la République par Corinne de Ménonville,  Paris,Les Indes Savantes, 2007.













    samedi 1 septembre 2012

    LE CHATEAU DE LA FOLLETIERE,PARC BOTANIQUE DE HAUTE BRETAGNE, LE CHATELLIER




    LE CHATEAU DE LA FOLLETIERE





    Parc Botanique de Haute Bretagne

     
                                        LE CHATELLIER





         Le château de la Folletière ou Foltière apparaît au milieu d'un bocage vallonné et frais où affleure le granit, posé sur les pentes douces du ruisseau de Fretay qui descend en serpentant du château voisin. Il est entré dans l'histoire du Pays de Fougères d'abord comme un simple manoir champêtre, devenu l'un des hauts lieux de la Chouannerie et de la  riposte royaliste, puis comme la résidence tranquille d'une illustre famille fougeraise ; enfin la métamorphose récente de son parc en un superbe espace dédié à la Couleur et à la Poésie des fleurs en a fait un site de référence.


    DERNIER BAROUD DU COMTE DE PUISAYE

    En 1796, La Folletière reçoit pendant quelques mois le comte de Puisaye, qui avait dirigé les armées fédéralistes vaincues à Pacy-sur-Eure. Revenu de Londres où il s'était réfugié après l'échec du débarquement de Quiberon, il s'installe à la Folletière, y fait chevaliers de Saint-Louis cinq des officiers de du Boisguy devant quatre mille hommes "formés en bataillon carré" et du Bois-Guy en personne ,rapporte-t-il dans ses Mémoires, et c'est là qu'il tente de fédérer les bataillons chouans, aventure sans grand lendemain.


     UNE DOUBLE METAMORPHOSE


            LES ORIGINES

           Le manoir  de la Folletière, dont le nom évoque les grandes frondaisons de hêtres, s'est inscrit dans le paysage au XVIe siècle. De 1513 à 1618, il appartient aux du Châtellier et à leurs descendants. De 1618  jusqu'au début du XIXè,le domaine de la Folletière fait partie des possessions de la famille d'Andigné, également propriétaire des   manoirs et fermes de Fretay, du Bas-Châtellier , de Ville-Courte,alors contigus , ainsi que de nombreux moulins et bois sur Le Châtellier ,Saint-Germain-en-Coglès et plusieurs communes du pays de Rennes.
         Jusqu'en 1818, la Folletière était la demeure de Mr et Mme de Saint-Gilles, fille unique de Joseph-Marie d'Andigné. L' année 1818 est celle du partage des biens en cinq lots ,attribués par tirage au sort : la Folletière échoit à Virginie de Saint-Gilles, Fretay à l'un de ses frères...
                  Le 28 septembre 1820, le manoir  de la Folletière, les fermes de la Folletière et de Guémenard sont  vendus par  Virginie de Saint -Gilles, petite-fille du  chevalier Joseph-Marie d'Andigné à Jean-Marie-Alexandre Frontin des Buffards  (1). Une nouvelle page d'histoire s'ouvre alors.

     

          L'ASCENSION DE LA FAMILLE DES BUFFARDS

     La famille Frontin est originaire de Rouen où elle a rempli pendant plusieurs générations la charge de Conseiller à la Cour des Comptes de Normandie. Elle a été anoblie  en 1633 par Louis XIII. Au cours du XVIIè, l'un des Frontin exerce sa charge de  financier à Avranches.

     
    
    Armorial d'Hozier.
    A la fin du XVIIè, Jean Frontin, seigneur du Bugle, se fixe à Fougères ; son fils Julien-Guillaume (1706-1789),enseigne de la compagnie de garde-côtes de Cormeray près de Pontorson, épouse en 1732 Louise Longuet,  demeurant aux "Buffards", ferme autrefois située  entre la rue du Tribunal et la rue des Prés; le nom "des Buffards"est définitivement greffé sur le patronyme Frontin.

       De cette famille sont issues des bienfaitrices de Fougères, Gillette des Buffards appelée "la Mère des pauvres" et sa soeur, Madame de La Martinière qui ont assumé, avec mesdemoiselles Lemercier de Cures et de Bigaglia, la remise en ordre de l'Hôpital Saint-Louis établi en partie près de leur propriété des Buffards et agrandi à leurs frais. 
      A partir de 1787, par le jeu des alliances et des filiations, les familles Frontin des Buffards, de  Ruan, de Bigaglia de la Hellonnière, célèbres  verriers venus de Venise au XVIIè, se rejoignent.

    La famille des Buffards, propriétaire de plusieurs métairies sur les communes du pays de Fougères et en dehors du département étend progressivement son domaine foncier au cours du XIXe et s'entoure de plusieurs centaines d'hectares sur les communes du Châtellier et de Saint-Germain-en-Coglès. Par la force  de l'ordre social  à l'époque, elle est fortement impliquée dans la vie locale et deux d'entre eux ont été maires de la commune au XIXe. La propriété de la Folletière restera dans cette famille jusqu'en 1994, soit 168 ans.



    La dernière à porter le nom est Yvonne des Buffards, mariée à James-Lionel Rogon de Carcaradec (1910); la famille se fixe alors près de Lannion où  se trouvent ses racines . Peu à peu, au fil des générations, le château de la Folletière devient résidence de plaisance, moins fréquentée à partir des années soixante, plusieurs fois "visitée" et finalement mise en vente. Le nom "des Buffards" s'est presque effacé du paysage fougerais, même si le café des Buffards, rue des Prés, en a longtemps maintenu le souvenir.
     
    En 1994, le  château et le parc de la Folletière sont acquis par Monsieur et Madame Jouno  qui  y  créent le  Parc  floral de Haute-Bretagne.
     



    La Folletière au début du XXè. (coll.privée)

            Le manoir ancien se trouvait au bord de l’étang ; il ouvrait sur l’allée principale bordée de hêtres, alors prolongée d’une digue aujourd’hui sous les eaux. Le logis principal, d'une longueur de 25 mètres, comprenait une grande salle basse et une cuisine au rez-de-chaussée ; un escalier conduisait à l'étage où se succédaient quatre chambres ; des jardins avec terrasse et tonnelles agrémentaient ce cadre frais. Les communs de taille modeste étaient répartis au sud et formaient un ensemble avec la métairie de la Folletière.


    
    
    
    





      UN PREMIER REVE : UNE DEMEURE  DE CHARME




         Le château actuel a été édifié entre les années 1830 et 1854, à l'initiative de Jean-Marie Frontin des Buffards, ancien capitaine dans la garde impériale, vétéran de plusieurs campagnes napoléoniennes, honoré du titre de chevalier. Le destin met brutalement fin à la réalisation de son rêve : il est emporté en quelques jours en mars 1837.

         Le château est alors  en construction : son fils et unique héritier, Gustave-Marie, avait treize ans au décès de son père ; sa mère était décédée depuis longtemps. Son oncle et tuteur Alexandre Trotry de la Touche est chargé d'achever la charpente, de faire couvrir le château, d'assurer la protection de la construction .
          Peu après sa majorité, Gustave-Marie complète les travaux de finition et organise l'aménagement intérieur. Le cadre est dégagé : l'ancienne métairie est en partie démolie en 1852.  Le château sera presque prêt en 1854, l'année de son mariage, pour accueillir sa fiancée Amanda.

         L' architecture dépouillée, héritée du XVIIIème siècle, rappelle celle des grandes malouinières marquée par la symétrie et la lumière : le rez-de-chaussée et les deux étages ne comptent pas moins de 20 croisées chacun... Cette demeure d'un style nouveau élevée sur deux étages au lieu d'un seul  prévu sur l'un des  plans initiaux ( vers 1830?), plus haute et plus étoffée que les malouinières classiques, a été conçue par l'architecte fougerais Jourdin.



    Harmonie bleue



        Les deux façades présentent un dessin différent : au sud, deux ailes identiques de deux travées de chaque côté d’un avant-corps au fronton triangulaire, tandis qu'au nord , deux  frontons triangulaires encadrent la partie centrale. Les étages, les entablements des ouvertures et le bandeau de la corniche et des frontons sont soulignés par le granit. La physionomie de l'ensemble reste très sobre, sans prétention excessive, comparée aux réalisations de style néo-gothique en vogue à l'époque. A la fin du XIXè, Martenot, alors architecte de la ville de Rennes, apporte quelques modifications à la  distribution des pièces  et  affine le décor des deux entrées.




     Plan de la façade nord par J-B Martenot, 1895. (collection privée)



          Le château était agrémenté d’un parc à l’anglaise en vogue à la fin du XVIIIè, dessiné et en partie réalisé par Fontaine, maître-terrassier vers 1850. La variété et la profondeur des perspectives y ont une importance majeure. Dans le souci d'une meilleure visibilité, le comte fait araser plusieurs talus, "pour découvrir " selon son expression.
     
         Les abords du château et les massifs du parc sont plantés de cèdres du Liban, de sapins et d'épicéas... Des palmiers complètent la touche exotique indispensable aux parcs en vogue à l'époque.


    
    

    L'un des plans  du parc à l'état de projet signé A. Fontaine, peu avant 1850 ; l'emplacement de l'ancien manoir apparaît près de  l'étang,
     la ferme projetée en 4  ne sera pas  implantée 
    à cet endroit mais plus au nord, en 1852. 
    Les diverses perspectives sont portées au crayon (coll. privée). 



     

         UN SECOND REVE REALISE :


     LE PARC BOTANIQUE DE HAUTE BRETAGNE



     
    

      
          Aujourd’hui encore, le visiteur peut flâner dans un parc inventif  et poétique : le Parc Floral de Haute-Bretagne, ouvert en 1995, aujourd'hui Parc Botanique.

         Le parcours propose vingt-quatre jardins qui s'harmonisent avec la configuration du paysage, et nous font découvrir les essences et traditions florales des cinq continents, en suivant "les Trois Ages de la vie", selon l'expression de leur créateur : les jardins de l'Arcadie, les jardins Romantiques et ceux du Crépuscule.



    La source bleue.(coll.. Parc Floral)



     
         Le Jardin Perse où des jets d’eau s’ébattent parmi la végétation luxuriante, est une re-création des jardins orientaux, les « Paradis ». La Cité Antique met en scène une architecture gréco-romaine et son mur de clôture renoue avec les jardins homériques et les jardins clos du Moyen-Age. Des labyrinthes ludiques rappellent les parcours initiatiques. La Renaissance italienne est conviée dans le "jardin secret", réminiscence des figures savantes de Villa Lante près de Rome et des jardins médicéens. 

     
    
    
    
     Broderie végétale du jardin secret.




     
    
        Ce voyage dans le temps et l’espace peut continuer au pays du Soleil Levant, dans le jardin zen, sobrement dessiné ou le jardin de thé qui invite au silence. Partout peut  se tisser une connivence avec  la  nature -artiste pour qui sait s'arrêter au  creux du vallon des poètes, retraite végétale, ou au bord des disques stellaires du jardin des étoiles. Une immersion dans la couleur et les parfums au cœur d’un parc « florilège » au sens propre où s’allient décor naturel, création esthétique et culture humaniste.

                                                          Jean-Paul Gallais.







    Le reposoir de l'Harmonie du soir.





        Sources:- Archives privées.
                     -Armorial de France,d'Hozier,Didot,1869.
                        -(1)Acte réalisé par Me Richelot, notaire à Rennes le 28 septembre 1820.
     
        La reproduction des textes et des illustrations n'est autorisée qu'avec l'accord écrit  de  la Société d'Histoire et des auteurs.
     
     
     Liens
     
        Promenade virtuelle au Parc Botanique de     
                                         Haute Bretagne :
     
     Cliquez sur ce lien                      http://www.jardin-garden.com


























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        Le site  Patrimoine.region-Bretagne  ( manoirs et châteaux du Coglais) propose une lecture de l'architecture et de nombreuses prises de vue.  Vous pouvez cliquer sur ce lien dans la colonne de droite.



































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    Inventaire général du patrimoine culturel
    Auteur de la notice : Dalibard Sabrina
    Année de rédaction : 2010

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